Matériaux de construction : Pénurie en 2021, quel impact sur l’immobilier?

Matériaux de construction : Pénurie en 2021, quel impact sur l’immobilier?

Le bâtiment, via la pénurie des différents matériaux de construction comme le cuivre, le bois ou l’acier, n’échappe pas à la règle et voit les prix de ces matériaux flamber depuis des mois.

Voilà plusieurs semaines que la pénurie des matériaux de construction impacte fortement l’ensemble du secteur du BTP. La situation est inédite, par son ampleur comme par sa durée.

Si aujourd’hui le déconfinement est quasi complet pour les différents secteurs d’activités économiques avec notamment la levée du couvre-feu à 23 heures, le redémarrage de l’économie reste difficile et incertain pour bon nombre de professionnels. La crise sanitaire liée à la Covid-19 a grandement affecté de nombreuses entreprises tout secteur confondus.

Les confinements, que ce soit en France ou dans le reste du monde, perturbent la production industrielle sur les différents continents entrainant de nombreux retards en série. Malgré la levée des restrictions sanitaires, la production industrielle n’a toujours pas retrouvée son niveau d’avant covid. Cela concerne l’informatique, via la pénurie de composants électroniques, ou encore la production de vélos, suite à la forte demande post-covid, tout un pan important de notre économie risque d’être durablement impacté.

Le bâtiment, via la pénurie des différents matériaux de construction comme le cuivre, le bois ou l’acier, n’échappe pas à la règle et voit les prix de ces matériaux flamber depuis des mois.

Quelles sont les origines de la pénurie ?

La forte hausse de prix des matériaux de construction et les débuts de pénurie sont dû à différents facteurs. Si la crise sanitaire en est grandement responsable, elle n’en reste cependant qu’un facteur parmi d’autres.

Un des matériaux essentiels dans le domaine de la construction est le bois. Depuis un an, le cours du bois sur le marché mondial a fortement évolué. Son prix a atteint plus de 300 % de hausse. Cependant, la crise sanitaire et les différents « lockdown » après la 3ème vague de coronavirus n’y sont pas pour grand-chose. C’est principalement une décision de l’ancien Président des Etats-Unis, Donald Trump, qui a perturbé le marché mondial du bois. En effet, dans une volonté de politiques économiques protectionniste l’ancien Président américain a décidé d’augmenter considérablement les taxes sur l’importation de bois Canadien.

Contrairement au marché français où les logements sont construits principalement en « durs » (parpaing ou briques), le marché immobilier et de la construction américain est composé à près de 80 % de logements en bois. Afin d’éviter cette hausse de prix à l’importation du bois canadien, principal marché d’importation pour les Etats-Unis, les entreprises américaines ont tout simplement décidé de se tourner vers un autre marché, celui du bois européen.

Si la chaine de production a été perturbée au niveau mondial, celle des différents matériaux de construction a, heureusement, pu reprendre. Elle n’a malgré tout pas pu retrouver son niveau d’avant crise.

S’il est, en effet, difficile de stopper, voire de ralentir la production industrielle d’une usine, il est tout autant compliqué de relancer celle-ci. D’autant plus que la demande mondiale de matières premières telles que l’acier a grandement augmenté sur les marchés chinois et américains. Que ce soit donc pour le bois ou pour l’acier, les fournisseurs français sont incapables d’assurer la demande locale. Pire encore, les entreprises françaises sont concurrencées à l’achat par les entreprises étrangères ce qui entrainent hausse des prix mais aussi début de pénurie.

Le dérèglement du fret maritime est un autre élément affectant la hausse des prix. Avec la reprise économique dans les marchés asiatiques et américains, le transport de marchandises a eu beaucoup de mal à suivre. D’autant plus qu’en mars dernier, un porte conteneur a bouché le canal de Suez pendant une semaine. Ce qui aurait pu sembler anodin a totalement désorganisé le transport de marchandises par bateau. Entre la forte demande et le la crise du canal de Suez, les retards dus à la logistique se sont accentués et leurs impacts se font encore sentir aujourd’hui.

Quelles conséquences pour les particuliers ?

Malgré l’envie des français, toujours grandissante, pour l’acquisition immobilière, leur rêve de maisons neuves risque d’être plus compliqué que prévu. Comme on a pu le voir, les matériaux de construction deviennent une denrée rare mais aussi chère.

Si vous êtes en cour de rénovation de votre bien immobilier, il va falloir vous armer de patience pour trouver et augmenter votre budget et terminer vos travaux dans de bonnes conditions. En effet, comme on a pu le voir précédemment pour le bois ou encore l’acier, d’autres matériaux risquent de manquer à l’appel dans les prochaines semaines. C’est notamment le cas des peintures dont les composants chimiques commencent à se faire rare ou encore les fenêtres avec une hausse des prix des verreries.

Toutes ces tensions ont un impact négatif sur l’économie française et notamment sur le secteur du bâtiment. Celle-ci sont confirmées par la CAPEB (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) dans un communiqué fin avril qui confirme « des difficultés d’approvisionnements en matériaux et matériels ».

Selon la FFB (Fédération Française du Bâtiment), 30 % des chantiers risqueraient d’être à l’arrêt. Si la situation ne s’améliore pas dans les prochaines semaines, ce sont de nombreux constructeurs dont les contrats sont signés et déjà en cours qui risquent de ne pouvoir mener à bien leur chantier. Se pose donc la question des intérêts de retard : seront-ils dus face à l’impossibilité de se fournir dans des conditions normales ?

Tant que la production industrielle mondiale ne retrouvera pas son niveau de production d’avant crise sanitaire, la situation restera tendue. La demande restant à un niveau élevé, la pénurie et la stabilisation des prix sera difficile, d’autant plus que certains spécialistes, avec l’apparition du variant Delta, nous annonce une 4ème vague de coronavirus à la rentrée de septembre.

 

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