Quel avenir pour la maison individuelle ?

Quel avenir pour la maison individuelle ?

Après la lutte contre l’artificialisation des sols, la nouvelle réglementation RE2020, la pénurie et la hausse des matériaux de construction, c’est un nouveau coup dur pour les professionnels du bâtiment. En effet Emmanuelle Wargon, Ministre déléguée au Logement, a tenu des propos très durs contre la maison individuelle.

75 % des français aspirent à être propriétaires d’une maison individuelle avec un extérieur comme une terrasse, un balcon ou des espaces verts. Une tendance qui s’accroit avec la crise sanitaire de la COVID 19 et les différents confinements qu’ont subit les français ces deux dernières années. Et comment ne pas comprendre cette volonté de ne pas s’entasser dans des tours mal isolées situées dans des centres-villes déjà à l’asphyxie. Cependant, la question de l’artificialisation des sols se posent dans la lutte contre le réchauffement climatique.

« Habiter la France de demain »

Comment allier écologie et habitat durable ? Quel habitat privilégier pour la France de demain ? Comment concilier rêve de maison individuelle et développement durable ? Ce sont les questions auxquelles le Ministère de la transition écologique a tenté de répondre dans le cadre de l’évènement « Habiter la France de demain ». Cependant, certains propos de la Ministre Emmanuelle Wargon ont déclenché une vive polémique, à tel point que le Ministère de la transition écologique a dû préciser ses propos dans un communiqué dès le lendemain.

Après 6 semaines de travail et de consultation avec l’ensemble des acteurs concernés, Emmanuelle Wargon a restitué jeudi 14 octobre dernier les conclusions du rapport « Habiter la France de demain ». Selon les déclarations de la Ministre lors du discours de clôture, le but est de faire « émerger une vision forte et partagée du futur des villes et des territoires intégrant les enjeux de la transition écologique ».

Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, le gouvernement cherche donc des solutions viables et durables afin de repenser l’aménagement urbain. Si la maison individuelle est dans la ligne de mire du Ministère, c’est surtout son impact environnemental qui est visé. En effet, l’étalement des maisons individuelles pose problème dans la lutte contre l’artificialisation des sols. A l’inverse, les immeubles collectifs de grands ensembles permettent une plus grande densification urbaine. De plus, en étant en centre-ville ou en proche périphérie des villes, ces types de logement permettent l’usage des transports en commun et réduisent l’utilisation de la voiture, autre cible du gouvernement, contrairement aux maisons individuelles plus excentrés et loin des commerces de proximité.

« Un non-sens écologique, économique et social »

S’il est indéniable que l’empreinte écologique de la maison individuelle est plus importante que les habitats collectifs, les français ne sont clairement pas près de renoncer à leurs rêves. En témoigne la perception des déclarations « radicales » de la Ministre concernant ce mode d’habitations.

La ministre déléguée au logement n’y est pas allée de main morte. Si l’idée principale de la consultation est de « mettre en valeur d’autres modèles d’habitat, plus durables et plus agréables », d’autres propos prêtent nettement plus à polémique. Entre autres déclarations sur la maison individuelle, la ministre n’hésite pas à affirmer qu’il s’agit là d’« un non-sens écologique, économique et social », que c’est un «rêve construit pour les français dans les années 70 », un «modèle d’urbanisation qui dépend de la voiture pour les relier », mais surtout que « le modèle du pavillon avec jardin n’est pas soutenable et nous mène à une impasse ».

Des déclarations qui ne laissent que très peu de place à l’avenir de la maison individuelle en France et qui ont suscité de vives réactions de la part des professionnels du secteur.

Les professionnels du secteur vent debout contre les propos de la Ministre.

La polémique ne s’est pas faite attendre. Les principaux professionnels de la construction ont vivement réagi aux déclarations de la Ministre Emmanuelle Wagron.

La fédération des constructeurs de maisons individuelles réagit à ces propos en les qualifiant de « tenus par une élite parisienne ». Le pôle habitat de la fédération française du bâtiment abonde dans le même sens et déplore qu’il s’agisse d’une « stigmatisation persistante de l’habitat individuel au motif des errements de politiques d’urbanisme qui appartiennent au passé »et que ces déclarations vont « à contre sens des aspirations des français ».

« Il n’est pas question d’en finir avec la maison individuelle ».

Suite au large mécontentement des professionnels et des français, la Ministre déléguée au logement est revenue des le lendemain sur ses propos et s’en explique dans plusieurs messages sur la plateforme du réseau social Twitter, Le message essaie d’être clair « je regrette la caricature faite de mes propos, qui ne reflète pas la teneur de mon discours prononcé hier », « je le répète très clairement : il n’est pas question d’en finir avec la maison individuelle ».

Emmanuelle Wargon précise en affirmant que la maison individuelle a toute sa place dans l’habitat de demain : « maisons de villes reliées au transport, fermes transformées en logements sans empiéter sur les terres agricoles, quartiers pavillonnaires bien desservis ». La maison individuelle doit être en complément d’une nouvelle offre de logement « plus durables et plus agréables à vivre ».

Le message est donc de repenser nos modèles d’urbanisme tout en mettant en valeur d’autres modèles d’habitat. Toutefois, la densification urbaine reste d’actualité malgré les réticences rencontrées.

Si les propos d’Emmanuelle Wargon ont suscité une large polémique, il n’en demeure pas moins que dans une volonté de lutte contre le réchauffement climatique, l’artificialisation des sols via l’étalement urbain est un véritable enjeu de la transition écologique. Même si les français ne sont pas prêts de renoncer à leurs rêves de maisons individuelles, la question de savoir où et comment on construit l’habitat de demain se pose.

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